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2005 : ON A GAGNE!...
La région désenclavée, son développement est croissant
"Tous au bain" a crié Nicolas en arrivant à Setoc ce dimanche 13 mai, et c'est avec les enfants du village que nous avons emprunté la superbe nouvelle route qui permet aux villageois de commercer, de l'autre côté de la rivière au marché de Santo Domingo et d'accéder au centre de santé tout neuf du village.
Merci à l'association des villes basques Euskal Fondoa d'avoir financé, dans le cadre de leurs actions de coopération dans la région, ce 1,5 km de route, essentiel pour Sétoc .
Traditionnellement le dimanche le village se réunit dans la salle commune. Ce jour là il est question de la répartition d'un travail communautaire.
Longuement, en Kelch'i un des responsables désigne les hommes chargés de réparer la route abimée lors de la
dernière saison des pluies, puis le président du comité éducatif parle - une nouvelle école offerte par une ONG allemande trône sur la place - Ce "conseil municipal" est le symbole d'un village structuré, dont les habitants ont montré lors des années de construction du pont la force de la cohésion. Nous voyons deux nouvelles tiendas (boutiques) sur le bord de la route.
L'électricité est annoncée (les derniers poteaux sont à 20 km) , l'EDF guatémaltèque l'a programmé dans les années à venir...Freddy, l'ingénieur résumera "maintenant qu'ils ont la route, les aides vont arriver ! "
Une page est tournée, pour Sétoc et pour Mayacoeur...
L'HISTOIRE d'un DEFI
Une communauté villageoise oubliée
Le village a été créé il y a un trentaine d'années, par des indiens chassés lors de la guerre civile. Le nom "Se'tok" signifie "la pierre" en kekchi. Ce qui en dit long sur la nature du sol et les difficultés de culture. On cultive d'ailleurs selon la technique du brûlis, ce qui contribue à la dégradation des sols. Il y a peu de parcelles, et certaines sont à une heure de marche. La terre n'est pas de bonne qualité. Un seul bâtiment en dur : l'église. Au milieu du village, un grand terrain de football, à l'origine cette zone a été déboisée pour éloigner les moustiques et diminuer le risque de paludisme. Les autres habitations sont en bois avec des toits de palmes. La forêt luxuriante toute proche fournit les matériaux. La construction des maisons est un travail communautaire qui réunit tous les hommes du village. Les maisons doivent être refaites tous les 8 ans environ. On en profite pour changer d'emplacement. A la fin on partage un repas commun. C'est une société très traditionnelle.
Il faut plusieurs heures de marche pour se rendre au centre de santé de Machaquilaïto. Les traumatismes sont fréquents, et notamment les blessures avec les machettes. Les femmes multiplient les grossesses, et les carences sont importantes autant chez elles que chez leurs enfants
1995 - 2000 Les années de construction
Sétoc fait partie d'un ensemble de villages d'une population totale de 3 000 habitants situés aux confins du Peten, distant de 6 heures de camion de San Luis le chef lieu de ce la région et séparés par le rio San Isabel du bourg commerçant de Santo Domingo dans la région voisine de l'Alta Verapaz.
Le seul moyen de traverser : de frêles embarcations guidées par des cordes tendues entre les deux rives (noyades, pertes fréquentes d'animaux, de récoltes )
L'aventure commence après l'étude technique et le choix du site par l'ingénieur Freddy Sierra, par la création d'un "comité local" pour la construction dont le président est Nicolas Juarez, l'instituteur. Pendant 5 années ces deux personnes vont coordonner le travail des villageois. .
Par groupes de 17 hommes et 17 femmes, 3 jours par semaine ils vont se relayer sur le chantier, guidés par les maçons professionnels payés par l'association, les femmes cuisinant dans la maison construite sur le site.
L'année 1998 est celle des difficultés, financières puis climatiques avec le passage du cyclone Mitch. Le pont résiste.
Les murets d'accès faits de pierres récupérées par les villageois dans les environs atteignent 4 mètres de haut.
L'année 2000 est celle de la fin du chantier
2000 - 2003 Les années d'attente
Lors du montage du dossier de construction, les maires des villes de San Luis du Peten et de Fray Barthomomé de las casas dans l'Alta Verapaz s'étaient engagés à combler les rampes et à faire les routes d'accès au pont.
Malgré un écrit signé, ils tardaient à tenir leurs promesses. Le transport des matériaux était périlleux (effectué en marchant sur les étroites rampes) et celui des animaux, impossible.
Des étudiants sont missionnés pour rencontrer les maires, sans succès.
En 2003 Mayacoeur décide pour faire pression de leur adresser des cartes rappelant leurs promesses,
Nos adhérents envoient ces cartes postales du pont au Guatemala. En février, un membre du bureau se charge d'en faire signer par les villageois eux mêmes pour qu'en délégation ils les portent aux deux édiles. car 2003 est une année d'élection municipale dans le pays.
18 octobre 2003 Le pont de Sétoc on y roule, on y roule...
Après dix années d’efforts, de moments d'espoirs et de découragements, le 18 octobre 2003 le pont de Setoc a été inaugurée en présence de Freddy Sierra l'ingénieur et de Nicolas Juarez l'instituteur les deux "piliers" de cette aventure. Les villageois vont pouvoir librement se rendre au bourg de Santo Domingo de l'autre côté de la rivière pour commercer et se soigner.
Le chemin menant du village au pont est non seulement praticable mais les canalisations sur le bord de la route prouvent que les problèmes liées à l'eau ont été pris en compte.
L’achèvement du pont de Sétoc n’est pas la fin de l’action de Mayacœur dans cette région, bien au contraire, c’est le début d’une nouvelle impulsion. La route est ouverte…

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